Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré,
Vit content de soi-même à l'ombre retiré!
Que l'amour de ce rien qu'on nomme renommée
N'a jamais enivré d'une vaine fumée!

.........
.........

Il n'a point à subir d'affronts ni d'injustices,
Et du peuple inconstant il brave les caprices.

.........

On le presse de produire encore; il répond

.........

Cependant tout décroît, et moi-même, à qui l'âge
D'aucune ride encor n'a flétri le visage,
Déjà moins plein de feu, pour animer ma voix
J'ai besoin du silence et de l'ombre des bois.
Ma muse, qui se plaît dans leurs routes perdues,
Ne saurait plus marcher sur le pavé des rues!

Plus loin, seul contre tous, il prend courageusement corps à corps l'injustice du siècle envers Racine, son ami; il emprunte à l'auteur d'Athalie son style pour terrasser l'envie qui rapetissait déjà le grand tragique. Il lui rappelle l'abandon dans lequel le siècle avait laissé mourir quelques jours avant Molière.

Avant qu'un peu de terre, obtenu par prière,
Pour jamais sous sa tombe eût enfermé Molière...

on ravala sa gloire comme la tienne, lui dit-il;