«Et je tremble de m'être élancée trop tard pour le secourir, en apprenant sur lui ce que j'en ai entendu dans le ciel, tant il est déjà enfoncé dans son égarement!
«Va donc! et, avec ta parole suave et avec tout ce qui est nécessaire à son salut, aide-le dans sa route, afin que j'en sois réjouie ici!
«Moi, qui t'en conjure, je suis Béatrice! Je viens d'un séjour où le désir me rappelle. L'amour qui m'attendrit me fait parler!
«Quand je retournerai en présence du Seigneur mon Dieu, je me louerai de toi devant lui!»
Alors s'engage entre Virgile et Béatrice une conversation métaphysique où la scolastique tient plus de place que l'amour, et où une certaine Lucia, vierge et martyre, personnifie, à ce qu'on croit, la grâce divine, et sollicite Béatrice à voler au secours de son premier amour.
Dante reprend courage à l'aspect et aux paroles de Béatrice, écarte la bête qui obstrue son chemin, remercie Virgile et se trouve aux portes de l'enfer.
IV
Le troisième chant s'ouvre par cette magnifique inscription devenue le proverbe du désespoir; Dante la lit en lettres noires sur la porte:
«C'est par moi qu'on va dans la cité des larmes; c'est par moi qu'on va dans l'éternité de douleur; c'est par moi qu'on va chez la race condamnée!
«Vous qui entrez, laissez à jamais toute espérance!»