Un journal d'exagération religieuse, qui donnerait la tentation d'être impie si l'on ne respectait pas la piété jusque dans les aberrations du zèle;
Les revues et les journaux des partis de 1830, qui ne pardonnent pas leurs revers à ceux qui ont préservé la France et eux-mêmes des contre-coups de leur catastrophe;
Enfin un journal de sarcasme spirituel, à qui tout est bon de ce qui fait rire, même ce qui ferait pleurer les anges dans le ciel: la dérision pour ce qui est à terre.
Ces journaux, nous éviterons de les nommer.
Nous ne nous plaignons pas de cette recrudescence de colères; nous avons bu depuis dix ans le calice jusqu'à la lie et nous n'y trouvons plus rien d'amer; mais nous nous demandons quelquefois à nous-même d'où vient un tel redoublement d'outrages personnels.
Est-ce que ce Cours familier de Littérature, ouvrage essentiellement neutre et étranger aux querelles du temps, ne laisse pas scrupuleusement en dehors toutes ces questions inviolables de conscience et toutes ces questions irritantes de partis qui ne sont propres qu'à distraire, hors de propos, la jeunesse de l'étude des belles œuvres de l'esprit humain?
Est-ce que, pendant le peu de jours où la nécessité, et non l'ambition, nous donna un rôle politique, nous avons abusé des circonstances, de la popularité et de la force, par quelques-uns de ces sévices, contre les partis ou contre les personnes, qui laissent dans les cœurs de justes et implacables ressentiments?
Est-ce que nous avons laissé (comme à Saint-Germain-l'Auxerrois ou à l'archevêché de Paris, en 1830) violer ou saccager le temple, vociférer contre le prêtre, attenter à la libre et inviolable opinion des âmes, la foi? Est-ce que, sous le feu même de l'événement du 24 février, à côté du chef du sacerdoce de Paris, Mgr Affre, de vaillante mémoire, nous n'avons pas rouvert les églises sous l'égide des citoyens armés, et mis le Dieu et l'autel libres hors la loi des révolutions et des sacriléges?
Est-ce que nous n'avons pas fait respecter, au péril de notre popularité et de notre vie, à la porte des journaux menacés, le droit de nous injurier nous-même?
Est-ce que nous avons montré une arme chargée dans nos mains ailleurs que sur le champ de bataille de Paris, pour défendre la société civile attaquée non pas par la liberté, mais par le meurtre?