XVII
Cette caverne avait deux branches ramifiées sous la montagne.
David et ses soldats étaient abrités sous l'une pendant que Saül dormait sous l'autre.
La vie du roi était dans les mains du proscrit.
Le proscrit, toujours respectueux envers le persécuteur, se contente de couper pendant son sommeil le bord du manteau de Saül pour lui montrer qu'il aurait pu aussi impunément lui couper la tête. Puis il se repent même de cette légère atteinte au respect dû à la royauté.
Quand Saül s'éveilla et sortit de la caverne, David le suivit de loin avec ses compagnons de guerre, le bord du manteau coupé dans la main.
«Et il s'en allait, dit la Bible, l'invoquant de loin par derrière et disant: «Mon maître mon roi! mon maître et mon roi!»
«Et Saül se retourna; et David, touchant la terre de son front, l'adora!
«Voyez dans mes mains le pan coupé de votre manteau! Quand vous dormiez dans la caverne je n'ai point voulu porter ma main sur vous!...
—«Oui, je vois que tu es meilleur que moi,» répondit Saül. «Tu régneras certainement sur Israël! Jure-moi seulement par Jéhova que tu ne feras pas périr ma famille après moi! que tu n'effaceras pas mon nom de la maison de mon père!»