On peut supposer entre ce vers et celui qui va suivre un long repos rempli par un gémissement en refrain de sa harpe, gémissement interrompu tout à coup par ce cri de défi à ses persécuteurs et d'assurance dans son Dieu:

«Mais toi, Jéhovah! mais toi, tu es mon bouclier, tu es ma gloire! Tu me redresses la tête!

«Et je l'appelle à haute voix, et il m'entend du sommet de sa montagne sainte!»

Puis, avec la quiétude d'un esprit qui ne redoute plus rien, il continue sur un mode musical vraisemblablement plus lent et plus doux:

«Et je m'étends sur ma couche, et je m'endors; et, après avoir dormi, je me réveille, car Jéhovah est l'oreiller de ma tête!

«Lève-toi, Jéhovah! sauve-moi, mon Dieu! Frappe tous mes ennemis à la mâchoire; brise-leur les dents, à ces impies!

«Le salut est en Dieu! ses protections sont s

Quelle confiance assurée en Dieu!

V

Ainsi rassuré par sa propre voix, comme l'homme qui marche dans les ténèbres, David semble, dans l'ode suivante, s'abandonner en paix à des contemplations philosophiques, semblables à celles qui assaisonnent du sel sacré des maximes les livres de Salomon, son fils, ou des poëtes persans d'une autre époque. Ce n'est plus l'ode, c'est la réflexion chantée; ce n'est plus le délire, c'est la sagesse. Cela dut être écrit dans sa vieillesse.