«Quand je t'invoquerai, ô Jéhovah! exauce ma prière. Élargis l'espace autour de moi quand je suis à l'étroit dans ma détresse!
«Le vulgaire dit: Qui nous enseignera la félicité? Et nous, nous disons: Jéhovah, fais luire sur nous la lumière de ta face.
«Tu as mis ainsi plus de joie dans mon cœur que dans le cœur de ceux dont tu multiplies le blé et le vin.
«Je me couche et je me rendors tour à tour, car c'est en toi que je me repose!»
On voit, par cette répétition de la même image du sommeil à si peu de distance, combien elle lui avait paru naturelle et expressive à la fois pour figurer sa sécurité en Dieu, et combien il se complaisait à la reproduire presque dans les mêmes termes. C'est qu'en effet il n'y en a point de plus figurative que ce sommeil et ce réveil alternatifs des paupières et de l'esprit de l'homme, qui attestent le cours régulier et paisible de son sang, ruisseau de sa vie.
VI
La cinquième ode ne se rapporte, croit-on, à aucune circonstance personnelle de la vie de David. Si nous avons bien compris la vie du poëte, cette ode a été composée, selon nous, pour le soulagement mental de Saül, pendant la seconde ou la troisième période de son égarement mental. C'est un gémissement et une invocation au nom du roi abattu par la souffrance, que David chante pour son maître sur sa harpe auprès de son lit; c'est l'élégie du malade.
En voici seulement quelques strophes:
«Ô Jéhovah! ne me rebrousse pas si violemment dans ta colère! Dans ton irritation ne me détruis pas!
«Fais-moi miséricorde, car je suis exténué; soulage-moi, car mes membres sont disloqués,