Il paraît ici que le poëte, justifié et vengé, se complaît à chanter un cantique de reconnaissance, et l'on retrouve, avec quelques images plus suaves, les images grandioses du livre de Job dans cet hymne. Qu'on en juge.

«Ô Jéhovah! ô notre Dieu! que ton nom est resplendissant sur toute la terre, tandis qu'il resplendit si magnifiquement dans le ciel!

«Dans la bouche des enfants et sur les lèvres qui tettent encore le lait, tu as mis tes louanges à la confusion de tes ennemis.

«Quand je vois le firmament, ouvrage de tes mains; quand je contemple cette lune et ces étoiles que tu as semées...»

L'humilité ici succède sans transition, ou plutôt par une transition tacite et naturelle, à l'extase.

«Qu'est-ce que l'homme, fils de la mort, pour que tu penses à lui? Qu'est-ce que le fils de l'homme, pour que tu t'en souviennes?»

Mais un juste orgueil, dérivant de la grandeur de sa destinée, arrête tout à coup le poëte et le fait passer de l'humilité de sa condition de fils de la mort à l'orgueil de sa destinée morale.

«Tu l'as placé dans l'échelle de tes êtres, ô Jéhovah! à peine un peu au-dessous des Éloïm (les anges, esprits intermédiaires entre Jéhovah et ses créatures).

«Tu l'as couronné de splendeur et de royauté! Tu l'as constitué dominateur des ouvrages même de tes mains! Tu as mis l'univers sous la plante de ses pieds!

«La brebis, le bœuf, tout, et aussi les animaux sauvages des forêts!