«Loin de moi! loin de moi les fabricateurs d'iniquités! car Jéhovah a exaucé le murmure de mes larmes.»

Quelle expression, qui donne une voix aux larmes et qui fait comprendre à Dieu les plaintes de l'eau, ces cascades du cœur tombant des yeux de ses créatures!

«Ainsi Jéhovah a exaucé mes plaintes! Jéhovah a recueilli mes invocations!»

Puis enfin l'idée de la patrie sauvée avec lui remonte à l'esprit du roi soulagé. On le voit se redresser sur son séant à la voix de son barde, et il s'écrie sans transition, dans une dernière strophe accompagnée sans doute d'un cri martial et d'un geste menaçant à ses ennemis:

«Disparaissez! soyez confondus! soyez foudroyés d'effroi, ô mes ennemis! Fuyez confondus avec la rapidité de la paupière qui s'ouvre et qui se ferme sur l'œil!»

VIII

L'ode suivante est une justification par serment que David se chante à lui-même des accusations injustes portées par Saül contre sa fidélité. L'ode finit par une imprécation fulminante du poëte contre ses calomniateurs:

«Lève-toi, Jéhovah mon Dieu! lève-toi contre eux! accomplis ce que tu as décrété sur eux!

«Que la perversité des mauvais ait un terme! Replace le juste debout! Tu es ma cuirasse!

«Si le pervers ne se repent pas, Jéhovah tend son arc et vise.»