On retrouve un peu plus loin tous les souvenirs naïfs de la vie du berger dans la poésie du prophète et du roi. Il se compare aux brebis qu'il conduisait dans son enfance sur les collines et aux réservoirs des montagnes de Bethléem, sa patrie.
«Jéhovah est mon berger! Je ne manquerai de rien. Il me fait parquer dans les herbes vertes, il me chasse vers les eaux transparentes.
«Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort je ne crains pas qu'il m'arrive du mal; ta houlette et ton bras sont ma sécurité.
«La coupe est pleine pour moi!»
L'enthousiasme toujours figuré du vrai poëte le ressaisit aussitôt; il chante d'une voix immortelle l'entrée triomphale de Dieu dans ses mondes par les portes immenses des éternités.
«Écartez-vous! ouvrez-vous, portes de l'éternité! Écartez-vous! que le Roi de gloire entre dans ses empires!
«Qui est donc le Roi de gloire? disent les portes. C'est Jéhovah! c'est le Tout-Puissant! c'est le Fort! Jéhovah, le Fort dans la bataille!
«Portes, écartez-vous! portes de l'éternité, ouvrez-vous, que le Roi de gloire entre! Qu'il entre, le puissant, le fort Jéhovah Tsebaoth! C'est lui qui est le Roi de gloire!...»
XIV
Quelles tendresses âpres dans les odes mystiques qu'il soupire, plus qu'il ne les chante, sur la terrasse dans son palais de Sion, dans la paix de ses jours prospères!