«Voûtes des cieux, chantez! Chantez, vastes eaux qui flottez au-dessous des cieux!
«Éclairs, grêle, neige, brouillards, vents des tempêtes qui exécutez ses paroles, chantez!
«Montagnes, collines, arbres qui portez des fruits, cèdres qui portez l'ombre, chantez!
«Jeunes hommes, jeunes vierges, adolescents, vieillards, chantez!
«Célébrez son nom par des danses, par des fanfares à sa gloire sur la peau du tambour et sur la corde du kinnor (la harpe)!
«Célébrez-le dans son temple! célébrez-le dans son firmament!
«Célébrez-le par le déchirement du son de la trompette! célébrez-le par le nébel à dix cordes!
«Célébrez-le par la flûte et par les cymbales retentissantes!
«Que tout ce qui a le souffle dise: Jéhovah! Dieu!...»
Voilà l'enthousiasme presque inarticulé du poëte lyrique, tant les paroles se pressent confusément sur ses lèvres, qui s'emporte à sa vraie source, à Dieu, comme les flocons de la fumée d'un incendie de l'âme par un vent d'orage! Voilà David, ou plutôt voilà le cœur humain avec toutes les notes que Dieu a permis de rendre sur la terre à cet instrument de douleur, de larmes, de joie ou d'adoration! Voilà la poésie sanctifiée à sa plus haute expression! Voilà le vase des parfums brisé sur le parvis du temple et répandant ses odeurs du cœur de David dans le cœur du genre humain presque tout entier! Car, hébraïque, chrétienne ou même mahométane, toute religion, tout gémissement, toute prière a recueilli une goutte de ce vase répandu sur les hauteurs de Jérusalem pour en faire un de ses accents. Ce petit berger est devenu le maître des chœurs sacrés de tout l'univers. Il n'y a pas une piété sur la terre qui ne prie avec ses paroles ou qui ne chante avec sa voix. On dirait qu'il a mis une corde de sa pauvre harpe dans tous les chœurs religieux ou seulement sensibles, pour l'y faire résonner partout et éternellement à l'unisson des échos de Bethléem, d'Horeb ou d'Engaddi! Ce n'est plus le poëte, ce n'est plus le prophète; c'est la vibration des murs de tous les temples répercutant son cœur.