—«Aux perdreaux, aux becs-fins, si tu viens tendre tes lacets, je me ferai, moi, l'herbe fleurie, et me cacherai dans les prés vastes.»
«Ô Magali, si tu te fais la marguerite, je me ferai, moi, l'eau limpide; je t'arroserai.»
—«Si tu te fais l'onde limpide, je me ferai, moi, le grand nuage, et promptement m'en irai ainsi en Amérique, là-bas, bien loin!»
«Ô Magali, si tu t'en vas aux lointaines Indes, je me ferai, moi, le vent de mer; je te porterai.»
—«Si tu te fais le vent marin, je fuirai d'un autre côté; je me ferai l'ardeur du grand soleil qui fond la glace.»
«Ô Magali, si tu te fais l'ardeur du soleil, je me ferai, moi, le vert lézard, et te boirai.»
—«Si tu te fais la salamandre qui se cache sous le hallier, je serai, moi, la lune pleine, qui éclaire les sorciers la nuit.»
—«Ô Magali, si tu te fais lune sereine, je me ferai, moi, belle brume; je t'envelopperai.»
—«Mais si la belle brume m'enveloppe, pour cela tu ne me tiendras pas; moi, belle rose virginale, je m'épanouirai dans le buisson.»
«Ô Magali, si tu le fais la rose belle, je me ferai, moi, le papillon; je m'enivrerai de toi.»