Le chœur des chantres de la cathédrale, accompagné du mugissement des orgues, entonne le premier verset du chœur du sépulcre:
Dies iræ, dies illa,
Solvet sectum in favilla!
L'infortunée Marguerite prend cet écho du jugement dernier pour l'arrêt de son jugement personnel.
Méphistophélès, agenouillé derrière elle, murmure lui-même à son oreille des menaces directes en vers de la même mesure.
La colère du Ciel fond sur moi;
Les trompettes retentissent,
Les sépulcres se meuvent,
Et ton cœur, comme un mort dans son cercueil,
Tressaille dans ton sein.
MARGUERITE, épouvantée.
Oh! que ne fuis-je d'ici?
Cet orgue m'étouffe et me déchire,
Ce chant m'écrase le cœur
Dans le creux secret de mon sein.
Le chœur des orgues, des chantres et des enfants de chœur, chante le verset suivant, qui annonce aux coupables que rien ne restera sans éclater et sans vengeance au dernier jugement.
Ciel! ô ciel! s'écrie Marguerite,
Tout s'écroule sur moi.
Je suis dans un cercle de fer;
La voûte de l'église s'abîme!
De l'air! de l'air! de l'air!
MÉPHISTOPHÉLÈS, à voix basse.