Cache-toi!—Le péché, la honte, la faute ne peuvent se couvrir d'un voile éternel!
MARGUERITE, presque folle.
Oh! de l'air! de l'air! de la lumière! Malheur à moi!
Le chœur redouble, par un troisième verset, sa terreur; Méphistophélès y ajoute par les menaces infernales qu'il murmure à son oreille; il épouvante sa victime jusqu'au désespoir, cette impénitente finale de ceux qui ne croient plus être pardonnés.
«Oh! voisine, voisine!» s'écrie-t-elle, «un flacon à respirer ou je tombe!»
Elle tombe en effet, évanouie, sur les dalles de l'église.
La toile s'abaisse, au moment de sa chute, sur cette scène, une des plus fantastiques et des plus contondantes que le génie du drame ait jamais conçues.
III
L'acte qui suit est une puérilité savante et poétique intercalée hors de propos par le poëte comme un ballet infernal et vertigineux dans le drame humain.
Méphistophélès soulève un des coins du voile de la nature; il met Faust en communication avec les sorciers, les monstres, les feux follets, les esprits secondaires qui peuplent, invisibles, tous les éléments, et il leur fait chanter des rondes bizarres et sataniques sur les vanités et sur les misères de l'humanité. C'est une superbe débauche d'imagination, de philosophie et de poésie; mais c'est une débauche. Elle interrompt le récit, elle glace le cœur, et elle n'amuse pas l'esprit: temps et talent perdus dans les espaces imaginaires.