Il n'est pas bon d'inspirer des ombrages à la France.
Lamartine.
LIVe ENTRETIEN.
LITTÉRATURE POLITIQUE.
MACHIAVEL.
TROISIÈME PARTIE
I
Nous supposons donc que Machiavel, mort, hélas! trois siècles trop tôt, assistât vivant à la scène diplomatique que nous avons sous les yeux, et qu'interrogé par les Italiens ses compatriotes sur le meilleur parti à prendre pour régénérer l'Italie, il prît la parole à Naples, à Rome, à Bologne, à Venise, à Milan, à Turin, soit dans un conseil de diplomates italiens délibérant en famille sur les affaires de la grande nation qui veut revivre, soit dans une de ces tribunes que l'esprit moderne relève au milieu des peuples longtemps muets.
Que verrait-il et que dirait-il? Il faudrait ici avoir le génie de ces discours dont il illumine l'histoire ancienne pour le faire parler dans sa langue; mais, sans prétendre à son nerveux et sublime langage, laissons parler seulement son rude et clair bon sens.
II
«Qui êtes-vous? dirait-il d'abord à ces Italiens de races, d'origines, de régions, de mœurs, de dominations diverses réunis autour de leur grand oracle politique.