Encore une fois, réfléchissez, peuples de l'Italie! N'adoptez pas la forme d'une monarchie unitaire chimérique, qui vous compromet, contre la forme d'une confédération d'États libres, qui vous sauve! Absorbés, vous tomberez avec la faible monarchie qui vous enserre; ligués, vous resterez debout dans toutes les secousses de l'Europe. On vous respectera d'autant plus que vous aurez plus de noms, plus de corps, plus de droits nationaux, plus d'alliances traditionnelles et défensives en Europe. Monarchisés, vous êtes menaçants comme les armes du cabinet qui vous annexe; confédérés, vous êtes inoffensifs pour tout le monde, inviolables seulement chez vous! La liberté constitutionnelle à laquelle vous aspirez sera justement plus assurée chez vous qu'à Turin; ce n'est plus l'arbitraire d'un roi soldat qui vous mesurera selon ses intérêts cette liberté constitutionnelle, et qui vous la changera en dictature militaire au premier tocsin; c'est vous-mêmes qui vous la donnerez selon vos mœurs et vos lumières, et qui ne la mesurerez qu'à vos vertus publiques! Cette confédération, sous le protectorat de la France et de l'Europe, n'a besoin que de se proclamer pour être reconnue. Si vous avez besoin d'une épée en attendant que la vôtre ait repris la trempe de vos temps héroïques, l'épée de la France est plus longue que celle de la maison de Savoie.

Proclamez donc la constitution fédérative de toutes les Italies au-dessus et en dehors de toutes vos constitutions intérieures.

Constituez la diète, la diète de la résurrection!

Vous ressuscitez sous tous vos noms, sous toutes vos formes, sous toutes vos souverainetés nationales; vous ressuscitez dans la liberté, et non dans l'annexion, forme de la discipline militaire.

De Turin à Reggio ou à Palerme, il n'y a pas un peuple, il y a dix peuples! Les liguer entre eux, c'est donner à chacun d'eux la force de tous; les annexer, c'est donner à tous la faiblesse d'un seul! Supposez le Piémont vaincu dans une seule bataille, que devient l'Italie annexée à une seule épée?...

XXVIII

Cette confédération, qui a déjà existé chez vous deux fois, sous la forme de ligue lombarde ou italique, n'est qu'une tradition de votre nature et de votre histoire. Quoi de plus facile que de la renouveler? Trois mois d'un congrès italien y suffisent, et, à l'exception de l'Angleterre, l'Europe s'y prête, ou par prédilection pour vous, ou par nécessité. Les vents sont pour l'Italie; ne faites pas fausse route, et vous surgirez à pleines voiles à votre horizon, l'indépendance!

Les nationalités diverses de l'Italie respectées comme les vérités du sol;

Les constitutions intérieures de chacune de ces nationalités laissées au libre arbitre des divers États, et reliées seulement par une diète italique à une constitution générale de toute l'Italie;

La Sicile et Naples, unies ou séparées, fournissant à la confédération leur contingent de députés et au besoin de subsides et de troupes remis au POUVOIR EXÉCUTIF EXTÉRIEUR de la patrie italienne;