Est-ce la politique?
Voyez le conseil convoqué à la hâte dans l'appartement de l'empereur pour aviser à l'extrémité du péril, au moment où le fils se croit menacé par la mère.
Voyez ces deux prétendus hommes d'État consommés, Burrhus et Sénèque, n'ayant peut-être pas conseillé le premier crime, mais croyant trouver dans l'urgence du danger public la nécessité du second.
Voyez cette honte de deux hommes soi-disant vertueux, contraints de délibérer sur la nécessité d'un parricide.
Voyez leur long silence.
Voyez le plus habile des deux, Sénèque, sommant son collègue de parler le premier.
Voyez ce collègue, rejetant le fardeau sur Sénèque, et éludant la réponse par un renseignement sur l'esprit des troupes trop attachées à la race de Germanicus.
LX
Voyez enfin l'impatience de l'affranchi qui se propose résolument pour l'exécution et pour le prix du meurtre, et la reconnaissance de Néron, tiré par ce hardi scélérat d'embarras et d'angoisses, et qui s'écrie: «Je ne règne que d'aujourd'hui, et c'est à Anicétus que je dois l'empire.»