Comme M. de Bonald et M. de Chateaubriand, il se sacrifiait à leur cause; il faut des soldats aux chefs. Ils le récompensèrent de son dévouement sincère dans sa personne en le nommant pair de France, et dans ses enfants en nommant M. de Marcellus secrétaire d'ambassade à Constantinople.
XIII.
L'esprit classique et politique du jeune homme était merveilleusement adapté à la diplomatie; mais cet esprit, s'il n'avait pas la chaleur, en avait d'autant plus la clarté. Il avait été supérieur et prématuré dans les études. Les langues hébraïque, latine, grecque surtout, lui étaient aussi familières que l'idiome de famille.
D'un extérieur noble et élégant, il avait une physionomie fine, mais point audacieuse.
Parlant peu, mais répondant juste, il était alors très-enclin à cette ironie douce de ceux qui ont bu de bonne heure les eaux de la Garonne; il en conserva quelque chose toute sa vie, même quand les déceptions et les révolutions eurent altéré le fond de son âme. L'ambition honnête de bien servir était sa seule préoccupation.
XIV.
Le gouvernement des Bourbons avait M. de Marcellus le père à récompenser; il fut heureux, à peu près à l'époque où il me recruta moi-même pour sa diplomatie future, d'enrichir ses cadres d'un nom, d'une jeunesse et d'un talent qui promettaient un ministre à sa cause.
M. de Marcellus fut attaché à l'ambassade de Constantinople sous M. le duc de Rivière. Le duc de Rivière avait été un des serviteurs du long exil des Bourbons, mais serviteur actif, dévoué, ayant joué sa vie pour sa cause; l'ayant perdue dans l'affaire de Georges Cadoudal, et ayant obtenu la vie du premier consul, à condition de ne plus conspirer.
Le duc de Rivière était, comme M. de Polignac, un de ces monuments de fidélité chevaleresque, que Louis XVIII et le comte d'Artois étaient heureux de montrer à la jeunesse royaliste de 1825 dans les grandes places, comme des preuves vivantes de la mémoire des princes restaurés.
M. de Marcellus plut du premier coup à cet ambassadeur, obtint toute sa confiance et toute son affection.