Société d'où seraient expulsés tous les arts qui ennoblissent, cultivent, consolent, sublimisent l'espèce humaine! société où Homère, Pindare, Phidias, Praxitèle, Zeuxis, seraient proscrits pour crime de corruption de l'hébétement systématique de la multitude!

Société où les vieillards, hommes, femmes, déshérités de leur providence à eux, qui est la reconnaissance et la tendresse de leurs enfants, seraient condamnés à mort pour leur infirmité et pour leur faiblesse; comme les enfants mal nés, condamnés à être égarés dans les lieux sombres!

Y eut-il jamais un attentat de l'esprit contre les instincts plus impie et plus criminel ou plus stupide que la République du divin Platon?

XXVIII.

Voltaire, dont le bon sens d'acier se révoltait comme le nôtre contre les inconséquences de l'utopie dans Platon et dans J.-J. Rousseau son disciple, non en crime, mais en niaiseries sociales, Voltaire osait dire de Platon et de J.-J. Rousseau ce que nous n'oserions répéter ici; nous voudrions seulement que tous les utopistes radicaux de nos jours eussent sans cesse sous les yeux le miroir des institutions sociales du disciple rhétoricien, mais non philosophe, de Socrate, pour y contempler, avec leur propre image, les monstruosités du sophisme substituant la métaphysique, qui est de l'homme, aux instincts de la nature, qui sont de Dieu!

XXIX.

Arrêtons-nous, car cet abîme des utopies antisociales n'a pas de fond. On y roulerait jusqu'au néant, et c'est là cependant ce qu'on fait étudier ou admirer sur parole au genre humain, depuis plus de deux mille ans!

C'est là ce que le philosophe, dans son préambule du livre des Lois de Platon, appelle une politique qui n'est point séparée de la morale!

XXX.

Un livre où le traducteur cite ces pages, qui font rougir la pudeur et refluer tout instinct de famille jusqu'au fond du cœur scandalisé: