Il y a parenté évidente entre ces philosophies orientales, grecques, hébraïques, bien qu'il n'y ait pas similitude dans les dogmes.

Pour quiconque remonte attentivement, par les monuments écrits de nos jours et de nos races, aux premiers jours et aux premières races de cette terre pensante, il reste évident que la Divinité, mère, nourrice et institutrice de ses créatures, leur a révélé toujours et partout ces idées innées, ces exemplaires gravés dans leur âme, ces philosophies préexistantes, ces consciences instinctives d'où ils tirent les conjectures sur la vérité et la vertu.

Les philosophies et les morales ne sont pas si neuves que chaque génération se plaît à le croire: les vérités s'engendrent comme les générations; elles sont aussi nécessaires à l'existence de l'âme humaine que la lumière du soleil est nécessaire à la vie des êtres. Dieu, qui a voulu en tout temps la conservation des âmes, n'a laissé manquer aucun temps de la portion de vérité naturelle ou révélée, indispensable pour que sa création subsiste et pour qu'elle l'entrevoie lui-même à travers ses mystères.

Ce dialogue de Platon, le Phédon, est un jet de cette lumière venue de plus loin et répercutée sur l'âme d'un philosophe aussi saint que lumineux. C'est la sainteté de la raison.

Reprenons le drame:

XXIV.

«Voilà pourquoi, mes chers amis, dit Socrate après un moment de recueillement, le vrai philosophe s'exerce à la force et à la tempérance, et nullement par toutes les raisons que s'imagine le peuple.»

Les disciples, à ces mots, s'entre-regardent en silence et semblent craindre de proposer à Socrate un doute qui lui rappelle sa tragique situation et le peu d'heures qui lui restent à vivre.

Le sage s'en aperçoit:

«Vous me croyez donc, à ce qu'il paraît, leur dit-il, bien inférieur au cygne, en ce qui touche aux pressentiments et à la divination par l'instinct?