XLIX.
Il nous reste de bien belles pages à feuilleter encore dans cette Imitation familière de l'ange solitaire du foyer.
Cette littérature de l'âme a des pages qu'aucune autre littérature n'égalera jamais.
Lamartine.
LXXXIXe ENTRETIEN.
DE LA LITTÉRATURE DE L'ÂME.
JOURNAL INTIME D'UNE JEUNE PERSONNE.
Mlle de Guérin.
(DEUXIÈME PARTIE.)
I.
Il y a une littérature extérieure et publique, il y a une littérature intérieure et privée. Celle-là est aussi supérieure à l'autre que l'âme est au-dessus du corps. C'est d'elle que nous continuons de vous entretenir aujourd'hui en feuilletant jusqu'à la fin cette correspondance et ce journal intime de cet ange terrestre qu'on appelait Eugénie de Guérin, ce saint Augustin des femmes, seulement un saint Augustin sans péché, dont les larmes ne furent point de l'expiation, mais des effusions du cœur, effusions tantôt d'enthousiasme pour Dieu, tantôt de pitié pour ses créatures, tantôt d'admiration pour la nature, et qui ne vécut comme la fleur de l'herbe des champs que pour verser sa douce odeur sous les pieds de son père, de son frère et de ses amis.