«Remarque les tisons, et tu conviendras qu'il y a de belles choses, et qu'à moins d'être aveugle, on ne peut pas s'ennuyer auprès du feu. Écoute surtout ce petit sifflement qui sort parfois de dessous la braise comme une voix qui chante. Rien n'est plus doux et plus pur, on dirait que c'est quelque tout petit esprit de feu qui chante.

«Voilà, mon ami, mes soirées et leurs agréments; ajoute le sommeil, qui n'est pas le moindre.»

Quelle mélancolie dans ce dernier mot d'appel au sommeil, qui comble tous les vides et qui calme toutes les douleurs!

XX.

Le 1er décembre, elle écrit à son frère:

«C'est de la même encre dont je viens de t'écrire que je t'écris encore; la même goutte tombant moitié à Paris, moitié ici, te vient marquer diverses choses, ici des tendresses, là-bas des fâcheries; car je t'envoie toujours tout ce qui me traverse l'âme.

«Quand tu liras tout cela, mon ami, souviens-toi que c'est écrit le 1er décembre, jour de pluie, d'obscurité, d'ennui, où le soleil ne s'est pas montré, où je n'ai vu que des corbeaux.»

Le 3 décembre, un seul mot.... «Il est sept heures, j'entends le ruisseau et j'aperçois une belle étoile qui se lève sur Mérin: tu n'as pas oublié ce hameau?»

Le 5 décembre.

«Papa est parti ce matin pour Gaillac; nous voilà seules châtelaines, Mimi et moi, jusqu'à demain et maîtresses absolues. Cette régence ne me va pas mal et me plaît assez pour un jour, mais pas davantage. Les longs règnes sont ennuyeux. C'est assez pour moi de commander à Trilby et d'obtenir qu'elle vienne quand je l'appelle ou que je lui demande la patte.