Non, jamais, quand la mort m'étendra sur ma couche,
Mon front ne sentira le baiser d'une bouche,
Ni mon œil obscurci
N'entreverra l'adieu d'une lèvre mi-close!
Jamais sur mon tombeau ne jaunira la rose,
Ni le jaune souci!
—Ainsi va ma pensée, et la nuit est venue;
Je descends, et bientôt dans la foule inconnue
J'ai noyé mon chagrin:
Plus d'un bras me coudoie; on entre à la guinguette,
On sort du cabaret; l'invalide en goguette
Chevrote un gai refrain.
Ce ne sont que chansons, clameurs, rixes d'ivrogne,
Ou qu'amours en plein air, et baisers sans vergogne,
Et publiques faveurs;
Je rentre: sur ma route on se presse, on se rue;
Toute la nuit j'entends se traîner dans ma rue
Et hurler les buveurs.
X.
Le nom de Sainte-Beuve avait éclaté; il était devenu plus hardi, il ne demandait conseil qu'à lui-même, il osa livrer une pièce du même ton, intitulée: Promenade. Relisez-la, mon ami. C'est encore vous à vingt ans:
PROMENADE.
.....Silvas inter reptare salubres.
Horace.
Reptare per limitem.
Pline le Jeune.