Donc la pensée divine qui crée en pensant, et la matière inférieure qui reçoit et exécute les lois de Dieu:

Voilà les deux éléments dont le Cosmos se compose.

Ils ont oublié la moitié supérieure de l'univers et ils ont dit: «Voilà du mouvement, voilà de vils éléments matériels en circulation et en combustion, voilà des balances, voilà des poids dans ces balances, voilà des pesanteurs et des gravitations! mais voilà tout!

«La volonté divine, nous ne la voyons pas, donc elle n'est pas. Un géomètre, un physicien plus avancé viendra, qui inventera une nouvelle puissance matérielle, et un télescope plus parfait nous montrera un Cosmos plus complet.

«Peut-être, alors, verrons-nous ce rêve sans corps, que vous appelez Dieu!»

La pensée, cet élément du monde intellectuel, n'existe pas. Le monde est un monstre sans père ni mère, un effet sans cause!—Allons!—et ils vont, et ils s'appellent la science!—Quelle science, que la négation du seul principe qui peut rendre raison de tout!

Moi, je crois que la matière est vile, que la pensée est Dieu, et que Dieu pensant est tout le Cosmos!

Le véritable télescope de l'homme n'est pas ce tube de bois peint, multiplicateur de la lumière et abréviateur des distances, placé au sommet d'un observatoire; le véritable télescope, c'est le bon sens pieux de l'homme ignorant ou savant, peu importe, au travers duquel il ne voit pas, mais il conclut Dieu, le régulateur des univers qu'il lui a plu de créer, et de créer pour leur faire part de son éternité! Voilà le Cosmos des ignorants, voilà le mien. Je suis sûr que ce Cosmos m'approche plus de la vérité que celui de M. de Humboldt.

XV

Je prends le monde tel qu'il est aujourd'hui, dans les différents hémisphères de ce petit globe terrestre, insignifiant comme pesanteur et comme étendue, mais égal au millième ciel des cœurs, par cette pensée dont Dieu le fait participant, communion divine qui nourrit l'homme de l'essence de Dieu lui-même, et je me place, pour contempler ce Cosmos, sur cinq ou six points culminants de l'espace. Suivez-moi, commencez par la forêt vierge de l'équateur, ce miracle de la puissance créatrice végétative.