Donc vous ne voyez que néant, noyé dans un océan de mots!
Une telle science vaut-elle qu'on s'en occupe?
XIV
Mais la chimie céleste, dites-vous, depuis quelque temps parvient par analogie, par conjecture et même par expérience (en admettant que les pierres tombantes, les étoiles filantes décomposées par vos creusets soient des échantillons du ciel, des composés ignés, des planètes ambiantes tombées dans notre atmosphère), à analyser les huit ou dix métaux enflammés qu'elles contiennent, à constater que leurs matériaux sont les mêmes que ceux de nos volcans, et que les soleils eux-mêmes brûlent des mêmes éléments que les entrailles de notre terre!
Comme cette découverte bien contestable retracerait encore le domaine mystérieux de la science de la matière céleste! Les univers incendiés ne seraient que les cinq ou six métaux de la fournaise solaire. Quelle pitié pour la richesse de l'Être Suprême! Vulcain et les cyclopes en avaient autant.
Quant au mouvement, silence; la science cosmique n'en connaît pas la cause; un de ces jours elle apportera un nouveau mot qui remplacera dans un néant de plus la divine, ineffable et constante volonté de l'auteur des mondes.
Ces adorateurs de la matière ont oublié qu'à côté et au-dessus de la matière il existe une puissance éternelle, la pensée, la pensée qu'ils reconnaissent en eux et qu'ils se refusent à reconnaître dans son divin principe, Dieu!
La pensée qui a tout conçu avant d'avoir rien créé;
La pensée éternelle du Cosmos, qui est Dieu!
La matière n'est pas Dieu, mais c'est l'esclave organisé dont les lois éternelles ou périssables sont créées pour recevoir et subir les lois de Dieu.