«Il n'est pas un des sentiments, pas une des pensées, pas un des actes de l'homme, sur lesquels la doctrine acceptée ne retentisse, à l'insu même de l'homme;

«Comme il n'est pas une seule des réactions chimiques d'un corps, sur laquelle ne rejaillisse sa simplicité ou sa dualité de composition.

«Introduisez votre doctrine dans la loi, interdisez aux juges la recherche du principe des actes, et à l'instant même où l'intention s'évanouit, où il ne reste plus que l'organisme du fait, toute moralité s'évanouit avec elle, et l'homicide par imprudence devient l'égal du meurtre avec préméditation. Introduisez dans les mœurs votre abstention de la recherche des causes, et bientôt, des deux éléments prédestinés de tout acte humain, l'intention morale et l'action, le droit et le fait, il ne reste plus que le fait.

«Prise à ce sommet humain de la vie, c'est-à-dire aux régions morales de l'échelle vitale universelle, la question du principe de la vie n'est donc pas oiseuse.

«Mais ce sommet est préparé par tout ce qui précède, et la question de matière pure ou de principe incorporé dans la matière est la même à tous les degrés de l'échelle.

«Les principes incorporés peuvent varier et varient, en effet, à chacun de ces degrés; mais la question de l'incorporation, c'est-à-dire de la simplicité ou de la dualité de substance, est partout la même.

«Abordons franchement la question.»

XX

«Ces deux états, l'un de pure matière, l'autre de pur esprit, sont aussi étrangers l'un que l'autre à la nature humaine, formée de leur concours et non de leur exclusion.

«Aussi, ne pouvons-nous les concevoir séparés, que par une violence faite à la nature des choses, que par l'abstraction, tout artificielle, de l'esprit du sein de la matière qui le supporte; que par une séparation fictive de la matière d'avec l'esprit qui la vivifie.