«Le lendemain matin, il dit encore à sa belle-fille Ottilie:
«Avril amène avec lui plus d'une belle journée; l'exercice en plein air me rendra mes forces.»
«Il fit quelques pas vers son cabinet de travail, mais il fut obligé de se rasseoir aussitôt; plus tard il voulut se lever de nouveau, il retombait dans son fauteuil. L'entrée de sa chambre était absolument interdite, même au grand-duc; il n'y avait avec lui que sa belle-fille, ses petits-enfants Wolf et Walter, le médecin et son domestique. Le nom d'Ottilie revenait souvent sur ses lèvres; il la pria de s'asseoir auprès de lui et tint longtemps sa main dans les siennes. De douces images traversaient de temps en temps son imagination.—Dans un de ses rêves il dit:
«Voyez... voyez cette belle tête de femme... avec ses boucles noires... un coloris splendide... sur un fond noir...»
«À un autre moment, voyant sur le sol une feuille de papier, il demanda:
«Pourquoi laisse-t-on par terre une lettre de Schiller?... Il faut la ramasser.»
«Après un léger sommeil, il demanda un carton avec des dessins qu'il croyait avoir vus dans sa vision.
«Peu à peu sa parole devenait plus pénible et plus obscure.
«Donnez-moi plus de lumière!» furent, dit-on, les derniers mots que l'on put entendre tomber des lèvres de cet homme qui, toute sa vie, avait été l'ennemi des ténèbres de toute nature. Son esprit resta actif, même après qu'il eût perdu l'usage de la parole; suivant une de ses habitudes, quand un sujet le préoccupait fortement, il traça avec l'index des signes dans l'air; peu à peu il traça ces signes moins haut, et enfin, sa main, tombant sur la couverture étendue sur ses genoux, y traça des mots inconnus.
«À onze heures et demie, il appuya sa tête sur le côté gauche du fauteuil et s'endormit doucement.