Boris et Pierre prolongèrent cette visite bien plus que la première. Ils couchèrent dans la maison de Barçoukof, et ne la quittèrent que le lendemain soir. En partant, Boris tendit la main à Viéra. Elle rougit. Aucun homme jusque-là ne lui avait encore serré la main. Elle pensa que c'était un usage de Pétersbourg.
Les deux amis retournèrent souvent chez Étienne. Quelquefois même Boris y allait seul. Il était de plus en plus attiré vers la demeure de Viéra. De plus en plus la jeune fille lui plaisait. Entre elle et lui, il s'était établi des rapports affectueux; seulement il la trouvait trop réservée et trop raisonnable.
Son ami Pierre avait cessé de lui parler d'elle. Un matin, cependant, après l'avoir regardé quelques instants en silence, tout à coup il lui dit:
«Boris!
—Que voulez-vous? répondit Boris en rougissant légèrement sans savoir pourquoi.
XI
Après diverses aventures aussi légères que les rêves d'un jeune homme incertain s'il est épris, l'intérêt se resserre.
Rien ne change dans les trois caractères, mais la destinée change et le dénoûment approche.
L'inclination de Boris n'échappe pas à Pierre.
—Je désirerais vous faire remarquer... Songez un peu... ce serait bien mal. Si...