—Je vous assure que je ne plaisante pas.»

Pierre alluma sa pipe; puis, se tournant vers Boris:

«Eh bien! c'est convenu, dit-il, je vous trouverai une femme.

—À merveille! Mais, maintenant, dites-moi, pourquoi voulez-vous me marier?

—Parce que, tel que je vous connais, je ne vous crois pas capable de régler vous-même cette affaire.

—Il m'a semblé, au contraire, reprit Boris en souriant, que je m'entendais assez bien à ces sortes de choses.

—Vous ne me comprenez pas,» répliqua Pierre, et il changea d'entretien.

Deux jours après, il arriva chez son ami, non plus avec son paletot sac, mais avec un frac bleu, à longue taille, orné de très-petits boutons et chargé de deux manches bouffantes. Ses moustaches étaient cirées, ses cheveux relevés en deux énormes boucles sur le front et imprégnés de pommade. Un col en velours, enjolivé d'un nœud en soie, lui serrait étroitement le cou et maintenait sa tête dans une imposante raideur.

«Que signifie cette toilette? demanda Boris.

—Ce qu'elle signifie? répliqua Pierre en s'asseyant sur une chaise, non plus avec son abandon habituel, mais avec gravité; elle signifie qu'il faut faire atteler votre voiture. Nous partons.