—Pourquoi donc singulières? Quelle raison avez-vous de vivre comme vous vivez et de perdre votre temps? Quel intérêt peut-il y avoir pour vous à ne pas vous marier?
—Il ne s'agit pas d'intérêt.
—Non, reprit Pierre avec une animation extraordinaire, non, je ne comprends pas pourquoi, de nos jours, les hommes ont un tel éloignement pour le mariage... Ah! vous me regardez... Mais moi j'ai voulu me marier, et l'on n'a pas voulu de moi. Vous qui êtes dans des conditions meilleures, vous devez prendre un parti. Quelle vie que celle du célibataire! Voyez un peu, en vérité, les jeunes gens sont étonnants...»
Après cette longue tirade, Pierre secoua sur le dos d'une chaise la cendre de sa pipe, et souffla fortement dans le tuyau pour le nettoyer.
«Qui vous dit, mon ami, repartit Boris, que je ne songe pas à me marier?»
En ce moment, Pierre puisait du tabac au fond de sa blague en velours ornée de paillettes, et d'ordinaire il effectuait très-gravement cette opération. Les paroles de Boris lui firent faire un mouvement de surprise.
«Oui, continua Boris, trouvez-moi une femme qui me convienne et je l'épouse.
—En vérité?
—Non..., vous plaisantez?