—Quelles circonstances? Votre fortune n'est-elle pas assez considérable pour vous assurer partout une honnête existence? Vous devriez entrer au service.»

Et, après un moment de silence, il ajouta:

«Vous devriez entrer dans les uhlans.

—Pourquoi dans les uhlans?

—Il me semble que c'est là ce qui vous conviendrait le mieux.

—Vous, pourtant, vous avez servi dans les hussards.

—Oui! s'écria Pierre avec enthousiasme. Et quel beau régiment! Dans le monde entier, il n'en existe pas un pareil; un régiment merveilleux; colonel, officiers..., tout était parfait... Mais vous, avec votre blonde figure, votre taille mince, vous seriez mieux dans les uhlans.

—Permettez, Pierre. Vous oubliez qu'en vertu des règlements militaires, je ne pourrais entrer dans l'armée qu'en qualité de cadet. Je suis bien vieux pour commencer une telle carrière, et je ne sais pas même si à mon âge on voudrait m'y admettre.

—C'est vrai... répliqua Pierre à voix basse. Eh bien, alors, reprit-il en levant subitement la tête, il faut vous marier.

—Quelles singulières idées vous avez aujourd'hui!