—Permettez! répliqua Pierre, dont la physionomie avait pris depuis quelques instants une expression marquée de mécontentement. Pourquoi la femme réclamerait-elle cette liberté? qu'en ferait-elle?
—Comment! selon vous, elle doit être l'attribut exclusif de l'homme?
—L'homme non plus n'en a pas besoin.
—Pas besoin?
—Non. À quoi lui sert cette liberté tant vantée? À s'ennuyer ou à faire des folies.
—Ainsi, repartit Sophie avec un sourire ironique, vous vous ennuyez: car, tel que je vous connais, je ne suppose pas que vous commettiez des folies.
—Je suis également soumis à ces deux effets de la liberté, répondit tranquillement Pierre.
—Très-bien; je ne puis me plaindre de votre ennui: je lui dois peut-être le plaisir de vous voir aujourd'hui.»
Très-satisfaite de cette pointe épigrammatique, Sophie se pencha vers Boris et lui dit à voix basse: «Votre ami se complaît dans le paradoxe.
—Je ne m'en étais pas encore aperçu, repartit Boris.