Il s'assit en silence dans la voiture, et, lorsqu'il fut à quelques centaines de pas de la maison de Sophie: «Non, non, murmura-t-il, cela ne va pas.

—Que voulez-vous dire? demanda Boris.

—Cela ne vous convient pas, répéta-t-il avec une expression de dédain.

—Si vous voulez parler de Sophie Cirilovna, je ne puis être de votre avis. C'est une femme, il est vrai, un peu prétentieuse, mais agréable.

—C'est possible dans un certain sens. Mais songez au but que je m'étais proposé en vous conduisant près d'elle».

Boris ne répondit pas.

«Non, reprit Pierre, cela ne va pas. Il lui plaît de nous déclarer qu'elle est épicurienne. Et moi, s'il me manque deux dents au côté droit, je n'ai pas besoin de le dire: on le voit assez. En outre, je vous le demande, est-ce là une femme de ménage? Je sors de chez elle sans avoir pu satisfaire mon appétit. Ah! qu'elle soit spirituelle, instruite, de bon ton, je le veux bien; mais, avant tout, donnez-moi une bonne ménagère, que diable! Je vous le répète, cela ne vous convient pas. Est-ce que ce domestique, avec son gilet rouge, et ces plats recouverts de cloches en fer-blanc, vous ont étonné?

X

Une seconde visite, où Boris se trouve placé à table entre deux sœurs, ne réussit pas mieux.

L'une est trop sémillante, l'autre trop timide.