«Qu'est-ce qu'il y a, mon père, fit-elle de sa petite voix gaie; vous m'avez appelée?
—Oui; voici M. Kobus qui trouve tes beignets si bons, qu'il voudrait bien en connaître la recette.»
Alors Sûzel devint toute rouge de plaisir:
«Oh! M. Kobus veut rire de moi.»
—Non, Sûzel; ces beignets sont délicieux; comment les as-tu faits, voyons?
—Oh! monsieur Kobus, ça n'est pas difficile... mais, si vous voulez, j'écrirai cela... vous pourriez oublier.
—Comment! elle sait écrire, père Christel?
—Elle tient tous les comptes de la ferme depuis deux ans, dit le vieil anabaptiste.
—Diable... diable... voyez-vous cela... mais c'est une vraie ménagère... Je n'oserai plus la tutoyer tout à l'heure... Eh bien, Sûzel, c'est convenu, tu écriras la recette.»
Alors Sûzel, heureuse comme une petite reine, rentra dans la cuisine, et Kobus alluma sa pipe en attendant le café.