«Oui, c'est beau; mais si je n'étais pas enrhumé, je te chanterais quelque chose, et c'est alors que tu verrais, Sûzel! Mais c'est égal, je vais essayer tout de même; seulement je suis enrhumé, c'est dommage.»
Et tout en parlant de la sorte, il se mit à chanter d'une voix aussi claire qu'un coq qui s'éveille au milieu de ses poules:
«Rosette,
«Si bien faite,
«Donne-moi ton cœur, ou je vas mourir!»
Il balançait la tête lentement, la bouche ouverte jusqu'aux oreilles, et chaque fois qu'il arrivait à la fin d'un couplet, pendant une demi-heure il répétait d'un ton lamentable, en se penchant au dos de sa chaise, le nez en l'air, et en se balançant comme un malheureux:
«Donne-moi ton cœur,
«Donne-moi ton cœur....
«Ou je vas mourir.... ou je vas mourir!
«Je vas mourir.... mourir.... mourir!...»
De sorte qu'à la fin, la sueur lui coulait sur la figure.
Sûzel, toute rouge et comme honteuse d'une pareille chanson, se penchait sans oser le regarder; et Kobus s'étant retourné pour lui entendre dire: «Que c'est beau! que c'est beau!» il la vit ainsi soupirant tout bas, les mains sur ses genoux, les yeux baissés.
Katel entra; il lui dit:
«Ah! c'est bon... Tiens... voilà Sûzel qui t'attend depuis une heure.»