—Oh! quant à cela, monsieur Kobus, ce n'est pas de refus. Je m'en vais tout de suite avec Sûzel embrasser la grand'mère, et, dans un quart d'heure, notre voiture s'arrêtera devant l'auberge.

—Bon, allez!»

Fritz serra doucement la main de Sûzel, qui paraissait bien triste, et, les regardant traverser la place, il rentra dans la Madame Hütte.

Hâan et Schoûltz, après avoir reconduit leurs danseuses, étaient montés sur l'estrade: il les rejoignit:

«Tu vas charger Andrès de diriger ton orchestre, dit-il à Iôsef, et tu viendras prendre quelques verres de bon vin avec nous.»

Le bohémien ne demandait pas mieux; Andrès s'étant mis au pupitre, ils sortirent tous quatre, bras dessus bras dessous.

À l'auberge du Mouton-d'Or, Fritz fit servir un dessert dans la grande salle, alors déserte, et le père Lœrich descendit à la cave chercher trois bouteilles de champagne, qu'on mit rafraîchir dans une cuvette d'eau de source. Cela fait, on s'installa près des fenêtres, et presque aussitôt le char à bancs de l'anabaptiste parut au bout de la rue. Christel était assis devant, et Sûzel derrière, sur une botte de paille, au milieu des kougelkof et des tartes de toute sorte qu'on rapporte toujours de la fête.

Fritz, voyant Sûzel venir, se dépêcha de casser le fil de fer d'une bouteille, et au moment où la voiture s'arrêtait, il se dressa devant la fenêtre, et laissa partir le bouchon comme un pétard, en s'écriant:

«À la plus gentille danseuse du treieleins!»

On peut se figurer si la petite Sûzel fut heureuse: c'était comme un coup de pistolet qu'on lâche à la noce. Christel riait de bon cœur et pensait: «Ce bon M. Kobus est un peu gris... il ne faut pas s'en étonner un jour de fête!»