—Bénissons la volonté de l'Éternel!» répondirent Christel et Orchel d'une seule voix.

Et depuis cet instant, il fut entendu que le contrat serait fait le lendemain à Hunebourg et que le mariage aurait lieu huit jours après.

XIV

Et ainsi finit, entre le vin et les larmes, le roman de ces messieurs. Les amis de Kobus le raillent un peu sur sa conversion.

Qu'il vous suffise donc de savoir qu'environ quinze jours après son mariage, Fritz réunit tous ses amis à dîner dans la même salle où Sûzel était venue s'asseoir au milieu d'eux trois mois auparavant, et qu'il déclara hautement que le vieux rebbe avait eu raison de dire autrefois: «qu'en dehors de l'amour tout n'est que vanité; qu'il n'existe rien de comparable, et que le mariage avec la femme qu'on aime est le paradis sur la terre!»

Et David Sichel, alors tout ému, prononça cette belle sentence qu'il avait lue dans un livre hébraïque et qu'il trouvait sublime, quoiqu'elle ne fût pas du Vieux Testament:

«Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres. Quiconque aime les autres connaît Dieu. Celui qui ne les aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour!»

Et moi je dis: Amen!

Jamais l'amour heureux ne fit écrire un pareil livre. C'est le poëme de la nature. Il n'y a pas une larme qui ne soit du bonheur.

Lamartine.