—Foma Kousmitch,—dit tout à coup le paysan d'une voix sourde et cassée,—eh! Foma Kousmitch?

—Que veux-tu?

—Relâche-moi.

Birouk ne répondit pas.

—Relâche-moi. C'est par misère... Relâche-moi.

—Je vous connais,—dit le forestier d'un air sombre.—Toute votre commune est taillée sur le même patron. Vous êtes tous plus voleurs les uns que les autres.

—Relâche-moi,—reprit le paysan,—c'est l'intendant... nous sommes ruinés. Oui, tout à fait ruinés. Relâche-moi.

—Ruinés?... ce n'est pas une raison pour voler.

—Relâche-moi, Foma Kousmitch. Ne me perds pas. Chez vous, tu sais bien ce qui m'attend. L'intendant me dévorera, vrai.

Birouk se détourna. Le paysan tremblait par moments comme s'il avait la fièvre. Il agitait aussi quelquefois la tête d'une façon étrange, et sa respiration était précipitée.