—Allons! laisse-le, Foma,—m'écriai-je à mon tour,—cela n'en vaut pas la peine.
—Je ne me tairai pas,—reprit le malheureux avec plus de violence que jamais.—Autant crever comme ça! Tu es un tueur d'âmes, une bête féroce... Mais attends... tu ne régneras plus longtemps... On te serrera le gosier un peu fort, va!
Birouk le saisit par l'épaule... Je courus au secours du paysan.
—Laissez-le, maître!—me cria le forestier.
Cette injonction ne m'intimida pas, et je portais déjà les mains en avant; mais, à mon grand étonnement, Birouk dénoua subitement le kouchak qui liait les bras du paysan, et saisissant celui-ci par la nuque, il lui enfonça son bonnet sur les yeux, ouvrit la porte, et le poussa dehors.
—Va-t'en au diable, avec ton cheval!—lui cria-t-il en le voyant s'éloigner,—et rappelle-toi que si jamais je te reprends...
Cela dit, le forestier rentra tranquillement dans l'isba, ferma la porte, et se mit à remuer je ne sais quoi dans un coin.
—Vraiment, Birouk,—lui dis-je,—tu m'as étonné... Tu es un brave homme, à ce que je vois...
—Allons! maître, ne parlons pas de cela,—me répondit-il d'un ton d'impatience.—Mais n'allez pas le raconter. Je vais maintenant vous reconduire, car il paraît que la pluie ne cessera pas de sitôt. Ah! le voilà qui détale!—ajouta-t-il à demi-voix en entendant le bruit que faisaient les roues d'une téléga qui passait devant les fenêtres de l'isba.—Ah! je le..
Une demi-heure après je prenais congé de lui sur la lisière du bois.