Doulce erreur! il dormoit... c'est assez, je respire;
Songes légiez, flattez son doulx sommeil!
Ah! quand voyray cestuy pour qui mon cœur souspire,
Aux miens costez, jouir de son réveil?
Ô cher enfantelet, etc.

Quant te voyra cestuy dont az receu la vie,
Mon jeune espoulx, le plus beau des humains?
Oui, desjà cuyde voir ta mère aux cieulx ravie
Que tends vers luy tes innocentes mains!

Comme ira se duysant à ta prime caresse!
Aux miens bayzers com't'ira disputant?
Ainz ne compte, à toy seul, d'espuyser sa tendresse,
À sa Clotilde en garde bien autant...

Qu'aura playzir, en toy, de cerner son ymaige,
Ses grands yeux vairs, vifs et pourtant si doulx!
Ce front noble, et ce tour gracieulx d'ung vizaige
Dont l'Amour mesme eut fors esté jaloux?
Ô cher enfantelet, etc.

Pour moy, des siens transportz onc ne seray jalouse
Quand feroy moinz qu'avez toy les partir:
Faiz amy, comme luy, l'heur d'ugne tendre espouse,
Ainz, tant que luy, ne la fasses languir!...

Te parle, et ne m'entends... eh! que dis-je? insensée!
Plus n'oyroit-il, quand fust moult esveillé...
Povre chier enfançon! des filz de ta pensée
L'eschevelet n'est encor débroillé...

Tretouz avons esté, comme ez toy, dans ceste heure;
Triste rayzon que trop tost n'adviendra!
En la paix dont jouys, c'est possible, ah! demeure!
À tes beaux jours mesme il n'en souviendra.
Ô cher enfantelet, etc.

Ce quatrain isolé se lit au long d'une marge:

Voylà ses traicts... son ayr! voylà tout ce que j'aime!
Feu de son œil, et roses de son tayn...
D'où vient m'en esbahyr? aultre qu'en tout luy-mesme
Pust-il jamais esclore de mon seyn?

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