À la cinquième porte à droite je m'arrêtai pour ôter mes moufles, puis j'ouvris et je refermai bien vite; c'était la maison de ma tante Grédel Bauer, la veuve de Mathias Bauer et la mère de Catherine.
Comme j'entrais grelottant et que la tante Grédel, assise devant l'âtre, tournait sa tête grise, tout étonnée à cause de mon grand collet de renard, Catherine, habillée en dimanche, avec une belle jupe de rayage, le mouchoir à longues franges en croix autour du sein, le cordon du tablier rouge serré à sa taille très-mince, un joli bonnet de soie bleue à bandes de velours noir renfermant sa figure rose et blonde, les yeux doux et le nez un peu relevé, Catherine s'écria:
«C'est Joseph!»
Et sans regarder deux fois elle accourut m'embrasser en disant:
«Je savais bien que le froid ne t'empêcherait pas de venir.»
J'étais tellement heureux que je ne pouvais parler! J'ôtai mon manteau, que je pendis au mur avec les moufles; j'ôtai pareillement les gros souliers de M. Goulden, et je sentis que j'étais tout pâle de bonheur.
J'aurais voulu trouver quelque chose d'agréable, mais comme cela ne venait pas, tout à coup je dis:
«Tiens, Catherine, voici quelque chose pour ta fête; mais d'abord il faut que tu m'embrasses encore une fois avant d'ouvrir la boîte.»
Elle me tendit ses bonnes joues roses et puis s'approcha de la table; la tante Grédel vint aussi voir. Catherine délia le cordon et ouvrit. Moi j'étais derrière, et mon cœur sautait, sautait: j'avais peur en ce moment que la montre ne fût pas assez belle. Mais au bout d'un instant, Catherine, joignant les mains, soupira tout bas:
«Oh! mon Dieu! que c'est beau!... C'est une montre.