—Oui, monsieur le sous-préfet, répondis-je.
—Eh bien, messieurs, dit-il en sortant une lettre de son portefeuille; écoutez!»
Il se mit à lire cette lettre, dans laquelle on racontait que, six mois avant, j'avais parié d'aller à Saverne, et d'en revenir plus vite que Pinacle; que nous avions fait ce chemin ensemble en moins de trois heures, et que j'avais gagné.
C'était malheureusement vrai! ce gueux de Pinacle m'appelait toujours boiteux, et dans ma colère, j'avais parié contre lui. Tout le monde le savait, je ne pouvais donc pas soutenir le contraire.
Comme je restais confondu, le premier chirurgien me dit:
«Voilà qui tranche la question; rhabillez-vous.»
Et, se tournant vers le secrétaire, il s'écria:
«Bon pour le service!»
Je me rhabillai dans un désespoir épouvantable.
Werner en appela un autre. Je ne faisais plus attention à rien... Quelqu'un m'aidait à passer les manches de mon habit. Tout à coup je fus sur l'escalier; et comme Catherine me demandait ce qui s'était passé, je poussai un sanglot terrible; je serais tombé du haut en bas, si la tante Grédel ne m'avait pas soutenu.