[5]: «Les Persans, dit M. Will. Franklin, si on les juge d'après leur conduite extérieure, sont sans contredit les Parisiens de l'Asie. Des manières grossières et insolentes envers les étrangers et les chrétiens caractérisent les Turcs; celles des Persans, au contraire, honoreraient toute nation civilisée, etc.» Voyage du Bengale en Perse, t. II, p. 29 de ma traduction. Je regrette de ne pouvoir transcrire ici le portrait des Persans, tracé par ce voyageur et par M. Scott Waring, p. 101 et suiv. de son Tour to Sheeraz; ce serait un curieux supplément au texte de Chardin, mais qui excéderait les bornes d'une simple note. (L-s.)

[6]: Les Arabes disent: Hadhâ mektsûb, Cela est écrit. Tous les musulmans croient que les moindres circonstances de la vie de chaque homme sont écrites de toute éternité dans un livre déposé au ciel, où, suivant le texte même d'Al-Bédaouy, célèbre commentateur, «elles sont décrétées et écrites sur une table conservée avant leur existence.» Il est inutile d'accumuler les citations pour prouver que les musulmans nient toute espèce de libre arbitre; leur fatalisme absolu et sans bornes est connu de tous ceux qui connaissent l'existence de la religion musulmane. Les principaux passages du Coran et des commentateurs de ce livre, relativement à cette désolante et impolitique doctrine, ont été soigneusement recueillis dans une dissertation historico-critique, intitulée: De fato Muha Medana, Lipsiæ, 1759, in-4o de 40 pages (L-s.)

[7]: Ce mot est le comparatif de meh, grand, et répond au mot majordome; cette charge est la même que celle de grand chambellan; il porte la bourse, l'anneau, la montre, etc., du roi, et ne le quitte jamais, pas même dans le harem, au milieu des femmes. Les fonctions de cet officier exigent donc qu'il ait cessé d'être homme. C'est ordinairement un eunuque blanc qui les remplit, et qui partage conséquemment l'espèce de culte que les flatteurs et les ambitieux rendent à son maître. Voyez Kaempfer, Amœnitates exoticæ, p. 81 et 82. (L-s.)

[8]: Repoussé, chassé par mépris, telle est la signification littérale du mot arabe employé par les Persans pour désigner un apostat. (L-s.)

[9]: Aghâ Mourâd. Le dernier mot signifie désir. (Note de Chardin.)

[10]: Lisez κανδηλαναφτης, kandilanaphtis (allumeur de chandelles); c'est un mot grec moderne et un titre des fonctionnaires dans les grandes églises. Ce mot est composé de κανδῆλι, kandila, chandelle, d'ανάπτω, anapto, j'allume. Le premier est latin, le second grec ancien. On dit aussi, à Constantinople, Κανδηλαφτης, candilaftis, en retranchant la troisième syllabe να (L-s.)

[11]: Sefâhâun nispé 'djihâun. Nisp est la corruption persane du mot arabe nessf, moitié. (L-s.)

[12]: M. Olivier n'en compte que 50,000; mais des renseignements très-positifs m'autorisent à croire qu'aujourd'hui cette ville contient encore près de 200,000 âmes. (L-s.)

[13]: Chardin a sans doute voulu écrire Acroceraunii; car aucun géographe ancien ne parle des monts Acrocerontes. Quant aux monts Acroceraunii, ils étaient situés en Epire; mais Paul Orose donne aussi ce nom à des montagnes qui séparent l'Arménie de l'Ibérie. Historiar. lib. I, cap. II, pag. 19, ex edit. Havercamp. (L-s.)

[14]: «Le Zendéh-roûd d'Issfahàn (certains manuscrits portent Zâyendéh-roùd) coule de la montagne Zerdéh (jaune), et autres montagnes du grand Lor, sur les confins de Djouycerd; il traverse le canton de Roùd-Bàr, dans le Loristàn; il arrose Feyroùzan et Issfahàn, et finit sous le terrain de Kâoù Khâny, dans le canton de Roùyd Chétyn. Son cours est de 70 (ou 80) farsangs. Ce fleuve a cela de particulier, que, lorsque l'on l'arrête tout entier dans un endroit, il s'en échappe encore assez d'eau par la filtration pour former un grand fleuve. Voilà pourquoi on le nomme Zendéh ou Zdyendéh (vivace) et, comme dans le temps des semailles, on emploie tellement toute son eau qu'il ne s'en perd pas une goutte, cette précieuse destination lui a valu le surnom de Zéryn roùd (rivière d'or).