C'est une erreur. Molière imite ici un passage du Décaméron de Boccace, ou, pour mieux dire, il ne fait que traduire littéralement les paroles d'un confesseur qui joue auprès de sa pénitente le même rôle que Tartuffe joue auprès d'Elmire: «Vous devez, lui dit-il, vous glorifier des charmes que le ciel vous a donnés, en pensant qu'ils ont pu plaire à un saint. C'est votre beauté irrésistible, c'est l'amour qui me forcent à en agir ainsi; et pour être abbé, je n'en suis pas moins homme: Come che io sia abbate, in sono uomo come gli altri.» (B.)—Molière a pris tout ce passage dans la huitième nouvelle de la troisième journée du Décaméron. Cette imitation a été indiquée pour la première fois par Michault dans ses excellents Mélanges philologiques. tome Ier, page 226.
[41]: Molière oppose ici d'une manière admirable la mysticité des expressions à la hideur des sentiments, et les pratiques de la piété aux désirs effrontés d'un libertin. Il y a force comique dans ce double contraste, car le spectateur ne peut s'empêcher de se réjouir de l'aveuglement d'un scélérat qui emploie, pour inspirer l'amour, tous les moyens qui doivent exciter la haine et le mépris.
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