Le cinquième acte les montre rentrant en Écosse avec des forces nombreuses. Macbeth se moque d'eux du haut de ses remparts inexpugnables. Sa femme lady Macbeth expire de remords et de terreur. Un de ses courtisans entre et lui dit: Monseigneur la reine est morte.

MACBETH.

Elle aurait dû mourir plus tard: il serait arrivé un moment auquel aurait convenu une semblable parole. Demain, demain, demain se glisse ainsi à petits pas d'un jour sur un autre, jusqu'à la dernière syllabe du temps qui nous est écrit; et tous nos hiers n'ont travaillé, les imbéciles, qu'à nous abréger le chemin de la mort poudreuse. Finis, finis, court flambeau: la vie n'est qu'une ombre ambulante; elle ressemble à un comédien qui se pavane et s'agite sur le théâtre tant que dure son heure; après quoi il n'en est plus question; c'est un conte raconté par un niais avec beaucoup de bruit et de chaleur, et qui ne signifie rien. (Entre un messager.)—Tu viens pour faire usage de ta langue: vite, ton histoire en peu de mots.

XV

Un autre courtisan lui annonce qu'on voit la forêt de Dunsinane s'avancer vers la forêt de Birnam. Ce sont des soldats anglais qui ont coupé les rameaux des arbres et qui marchent couverts de leur feuillage du côté du fort.

Macbeth reconnaît la mort. À ce présage, son désespoir n'atteint pas son énergie, il meurt en combattant avec intrépidité; on sent dans ses dernières paroles, comme dans celles de Saül dans la Bible, l'âpre accent qui défie le ciel.

Tel est Macbeth dans son ensemble.

Dans ses détails, il est aussi complet et aussi pathétique.

C'est la plus magnifique analyse de l'ambition qui ait jamais été tracée par un génie humain.

On voit comment le crime se présente d'abord comme une tentation vague et facile à écarter.