Il chercha à briller plus qu'à servir.
Il eut l'idée juste et la conduite fausse.
Il affecta des passions, des affections et des haines qu'il n'avait pas.
Il eut un rôle dans sa vie politique, au lieu d'une conviction, et il en changea souvent.
Il fut à lui-même sa première pensée: toutes les fois qu'il y eut à choisir entre sa patrie et lui, il ne songea qu'à lui-même; il prit le décorum pour l'honneur, et l'honneur pour la vertu.
Tel fut l'homme, plus acteur que citoyen.
Malgré le nombre et l'éclat de ses images, il ne fut pas poëte. Le mystère qui donne à l'écrivain le droit de dire: Je chante, lui manqua; il ne fit jamais que parler et écrire, le chant inspiré faillit sur ses lèvres.
Mais, à cela près, il eut tous les talents qu'on peut emprunter à la terre, et que le ciel ne donne pas directement et mystérieusement à l'espèce humaine.
Et il eut même ces talents divers à un degré qui se fait reconnaître de lui-même, qui devient sa conscience dans l'âme d'autrui, qui réfute toutes les critiques, qui renverse toutes les jalousies et qui fait dire à tout un siècle: Il est grand!
Cette exclamation d'un siècle est le sceau du génie.