[72] Sint unum sicut et nos unum sumus. (Jean, XIX, 11.)
[73] Joan., XVII, 24.
Qui sait, dis-je, si la joie pleine, la joie suprême du Saint-Esprit consolateur, ne consistera pas, dès cette vie même, dans la claire vue donnée au genre humain, que cette prière est la vérité, que les hommes vivent et qu’ils vivront, et qu’ils seront ensemble dans un lieu où ils se verront, dans ce lieu que le premier-né de la vie éternelle, Jésus-Christ, a promis, lorsqu’il quitta cette terre, d’aller nous préparer : « Je vais vous préparer le lieu[74] ! »
[74] Joan., XIV, 2.
Qui sait enfin si la science et la foi, et la révélation et la lumière de l’Esprit-Saint, ne nous montreront pas l’existence du ciel de l’immortalité, et sa nature et son rapport à l’univers, et si de vivantes relations, réelles et personnelles, naturelles ou surnaturelles, avec les immortels de l’autre vie, ne seront pas l’accomplissement de la grande joie !
Alors l’humanité pourra dire avec l’apôtre des nations : « Oui, tout est à nous, et le monde, et la vie, et la mort même ; les choses présentes et les choses à venir : tout est à nous[75]. »
[75] I Corinth., III, 22.
Oui, nous sommes dans la vie, et nous y resterons !
Au fond, la grande terreur et la grande douleur, c’est la mort. La grande consolation sera donc l’immortalité manifeste.
Pourquoi la vue de l’immortalité ne nous serait-elle pas donnée un jour, comme tous les jours nous avons la vue de la mort ?