Nec nulla interea est inaratæ gratia terræ.
[7] Voir, dans le troisième livre de la Logique, le chap. I, no 1, et le chap. IV tout entier.
Votre vie entière sera comme ce champ, labouré et ensemencé, où la semence croît et se développe, soit que l’homme veille, soit qu’il dorme : terra enim ultro fructificat.
Cependant je n’ai pas tout dit, et il me reste à vous donner le plus important des conseils. J’ai nommé la prière, mais n’en ai pas encore parlé directement, quoique indirectement je n’aie guère cessé d’en parler.
Je vous le demande, priez-vous ? Si vous ne priez pas, qu’êtes-vous ? Êtes-vous athée ou panthéiste ? Alors ce n’est pas à vous que je parle en ce moment. Je parle à l’homme qui, ayant reconnu, dès ses premiers pas en ce monde, le côté vain de la vie, cherche son côté vrai, savoir : l’amour de la justice et la vue de la vérité. Cet homme-là croit en Dieu. Et pour peu que cet homme sache la valeur des mots, il sait que Dieu est l’amour infini, la sagesse, la vie infinie, libre, intelligente, personnelle, en qui nous sommes, en qui nous nous mouvons, en qui nous respirons.
Or, la prière est la respiration de l’âme en Dieu. L’âme prie longtemps sans le savoir. L’âme des enfants, dans leurs années pures, prie et contemple, sans réfléchir, avec la force et la grandeur de la simplicité. Mais, après ces années passives, viennent les années actives et libres. La prière libre, avec conscience d’elle-même, formera l’homme en vous et développera en vous, à l’image de Dieu, la personnalité qui est implicite et latente dans l’enfant.
Je ne vous prouverai pas ici plus amplement qu’il faut prier. Je ne vous y exhorterai même pas. Je vous en donnerai les moyens.
On appelle vulgairement prière du matin et du soir, la récitation d’un certain texte, excellent en lui-même, en usage parmi les chrétiens, récitation dont la durée varie de cinq à dix minutes ; et on appelle méditation la réflexion libre sur quelque grande vérité, morale ou dogmatique : exercice que quelques personnes font durer le matin une demi-heure. Mais le grand obstacle à ces pratiques, c’est que, dans la méditation, on dort ou on divague, et que, dans la prière, on articule des mots, par trop connus, sans réflexion ni sentiment. Ces deux faiblesses, que presque personne ne sait vaincre, dégoûtent, éloignent continuellement de la prière et de la méditation un très grand nombre d’âmes : car à quoi bon, disent-elles, ces prières nulles, ces méditations vides ?
Or voici, pour éviter les distractions dans la méditation, le conseil donné récemment à l’assemblée du clergé d’un diocèse de France.
« Méditez, en écrivant. »