CHAPITRE V
LA LECTURE

I

J’ai dit un mot de la lecture. Il en faut parler plus au long. Après la prière et tout ce qui s’y rapporte, après la méditation personnelle, vient la lecture comme source de lumière.

Comment user de la lecture pour le progrès de la Logique vivante, le développement du Verbe en vous ?

Il y a un livre qu’on appelle, entre tous les autres, le livre proprement dit, la Bible. Lisez ce livre.

Et d’abord, croyez-vous qu’il ne puisse y avoir, sur la terre, de parole de Dieu actuellement écrite ?

Il y a des penseurs qui soutiennent que tous les livres sont sacrés, que toute pensée est inspirée, que toute parole est parole de Dieu. Car, disent-ils, s’il est vrai, comme le croient les chrétiens, que l’homme n’est raisonnable, qu’il ne pense et ne parle que par une participation actuelle à la lumière de Dieu, ou plutôt si, comme nous le soutenons, disent-ils, l’homme est Dieu même pensant, comment expliquez-vous que l’homme puisse parler quelque chose qui ne soit pas parole de Dieu ?

J’espère que vous n’adhérez pas à tout ce panthéisme. Mais du moins, si l’on vous enseigne qu’il y a, dans la mémoire des hommes et dans la tradition, des paroles pures et vraiment inspirées de Dieu, je suis certain que vous n’avez aucune solide raison de le nier.

Voici que, depuis plus de trois mille ans, une grande partie du genre humain, la plus vivante, la partie civilisatrice du monde, qui forme le courant principal de l’histoire universelle, et qu’anime l’Église catholique, voici dis-je, que ce côté lumineux de l’humanité, par des motifs considérables, qu’il vous est facile de connaître, tient comme étant tout pur, comme certainement saint et divinement inspiré, ce texte écrit qu’on nomme la Bible. Pourquoi ne le pas croire, si vous croyez en Dieu ? Pourquoi ne pas croire d’avance que la bonté du Père a su parfois inspirer ses enfants ?

Vous lirez donc la Bible.