Celui qui prie assiste toutes les âmes, il assiste ses frères et les soutient par le salutaire et puissant magnétisme d’une âme qui croit, qui sait et veut. Il opère ce que saint Paul nous supplie de faire avant toutes choses, des prières, des supplications, des instances, et des actions de grâces pour tous les hommes.

Quel est le sens scientifique de ceci ? c’est que, très réellement, comme le dit Fénelon, les hommes se touchent d’un bout du monde à l’autre. Ils nous touchent ! Voilà donc ce prochain qu’il nous faut assister. Or, en ce réel contact des âmes, est-ce que mes élans de cœur, mes certitudes, mes résolutions, mes lumières ne sont en rien communicables ? Certes, si aujourd’hui les corps se touchent et se communiquent d’un bout du monde à l’autre, dans l’électricité, me fera-t-on croire, je vous prie, que les âmes ne communiquent pas ? Mais le contact des âmes, certain d’avance par la raison et par la foi, est aujourd’hui sensible par l’expérience. Ici encore, moi qui écris ces lignes, je sais, j’ai vu. Eh bien ! ô âme, si vous avez en vous la source vive, la source des rayons, des impulsions, des convictions, des espérances, comment ces flots vivants pourraient-ils ne pas découler de votre âme sur toute âme ? Oh ! voilà la grande assistance ! C’est pour cela qu’Isaïe dit : « Quand tu auras versé ton âme dans une autre âme qui allait succomber, quand tu auras rempli l’âme affamée, ce sera la justice et la plénitude du Devoir[61]. »

[61] Isaïe, cap. XLVIII.

X

Et saint Paul nous demande l’incessante vigilance dans l’essentiel et nécessaire accomplissement de ce devoir : assistance de l’âme à toute âme. Écoutez-le : « Ne cessez de prier, ne cessez de supplier, en tous temps, dans le Saint-Esprit ; ne cessez de veiller, dans cet Esprit-Saint, en toute instance et toute supplication pour tous vos frères[62]. »

[62] Tim., II.

Et ne semble-t-il pas que si vous cessez de veiller, d’insister, de faire effort, de tenir bon, tout va se relâcher, le monde va reculer, vos frères vont sentir en eux moins de force et d’appui ? Oui, certes, il en est ainsi. Chacun de nous, pour sa part, porte le monde ; et ceux qui cessent de travailler et de veiller chargent les autres.

Donc, encore une fois, le devoir envers Dieu implique tout. Tout devoir implique tout devoir. Mais distinguons encore.

CHAPITRE III
DEVOIR DE L’HOMME ENVERS LUI-MÊME

I