III

Cette condition, notre théologie inconnue, — elle est publique, écrite partout, mais inconnue, — notre théologie catholique la définit ainsi : Le mariage est un sacrement des vivants, c’est-à-dire qu’il faut être en état de grâce pour se marier comme pour communier. Qui d’entre nous ose communier indignement ? Personne. Pourquoi donc osez-vous vous marier indignement ?

IV

Oui, la voilà, cette fille de roi, qui méritait qu’on travaillât pour l’obtenir et que, pour gagner son amour qui vient du ciel, on fût beau, pur, courageux, intelligent, libre, honoré, ami de Dieu, capable par le caractère et le talent de la défendre, de l’aider et de la glorifier, elle et les fils qui naîtront d’elle !

V

Mais ces choses sont si grandes, que l’amour seul, l’amour d’un noble cœur, peut les comprendre. Heureux le siècle, prochain j’espère, qui aura le respect pratique et l’intelligence de ce sacrement des vivants ! Alors on pourra dire : Retour à Dieu, commencement de l’ère sociale du christianisme par la transformation de la famille, par le mariage chrétien enfin compris !

VI

Le vrai mariage, le mariage saint, le mariage avec le fils ou la fille de Dieu, quelle fortune et quel avenir ! Mais est-ce que le dernier des hommes n’y est pas appelé ? Gloire à Dieu ! Tous les hommes ont une grande mission ! Les différences sociales s’effacent devant cette grande égalité du royal mariage offert à tous avec le fils ou la fille de Dieu.

VII

Et que serait-ce si je parlais ici de ceux qui par un plus étonnant mystère, entrent plus avant encore, pour la vie et l’éternité, dans l’intime adoption de Dieu ? Voilà surtout ceux qui peuvent dire : « Je ne suis pas seul, car mon Père est en moi. »